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******Cela faisait déjà 4 ans que rien de bien fâcheux ne nous était arrivé. Pas de vampires assassins, pas de Volturi en quête de plus de pouvoir, pas d'accidents du style coupure ... et personne n'avait encore sauté à la gorge de Charlie. Le bilan était plutôt positif.
Je pouvais être fière de mes premières années entant que vampire. Souriant, je rapportait mon attention à la conversation qui se déroulait dans le vaste salon de mes beaux-parents.
Esmée affichait elle aussi un grand sourire. C'était rare ces temps-ci. Alice m'avait dit que c'était car elle n'aimait pas beaucoup les moments où ils devaient tous changer de vie. Apparemment, Carlisle avait du trouver une alternative pour qu'elle soit aussi joyeuse. Je portai mon attention sur lui.
« Je pensais donc que nous pourrions partir pour Edmore. Nous y avons passé de bons moments dans les années 50. » Rappela-t-il aux autres qui acquiesçaient en souriant.
Rejoindre une ville qu'ils avaient tous aimée. Je reconnaissait bien là l'habitude des « mâles » Cullen de faire plaisir à leur compagne. Esmée était ravie et il me sembla alors que tout le monde arborait le même sourire étincelant qu'elle. Je balayai le salon du regard. Chacun paraissait plongé dans des souvenirs heureux. Edward me fixait.
« Vous allez adorer Edmore. » S'exclama-t-il.
Je portait mon regard sur notre fille qui semblait sceptique. Je me doutais bien de ce qui la tracassait mais n'en dit pourtant rien, attendant qu'elle aborde elle-même le sujet - ce qu'elle ne tarda pas à faire.
« Et Jacob ? »
Renesmée était d'un naturel très timide et renfermé et ne parlait que rarement. Elle préférait SA manière de communiquer mais nous l'obligions à utiliser sa langue. Elle grandissait à vue d'½il, bien que moins rapidement maintenant. Carlisle, surveillant toujours sa croissance avec attention, nous avait appris que d'ici un an environ, elle atteindrait un rythme de croissance normal. Cette nouvelle avait réjouit notre fille car cela signifiait qu'elle pourrait rencontrer des gens qui ne seraient pas dans le secret.
Nous lui avions alors rappelé que les autres communiquaient par la parole et que si elle voulait rencontrer des gens elle devrait faire l'effort de faire comme eux.
Seul Jacob la soutenait dans son « mutisme ». C'était, pour lui, sa façon d'aider Nessie à faire sa crise d'adolescence, mais aussi peut-être une manière de la garder pour lui.
« On arrête d'obéir à ses parents à cette période là. Qu'elle veinarde ! Tout le monde doit attendre une quinzaine d'année pour ça et toi tu n'as même pas 5 ans... »
Je grimaçai devant son petit air malheureux.
« Jacob est très attaché à La Push ... tu le sais bien. Personne ne peut dire avec certitude ce qu'il décidera de faire. » Lui dis-je doucement.
« Pas même ta merveilleuse tante Alice ! » S'exclama ma belle-s½ur. « Fichus loups-garous » grogna-t-elle, entrainant nos rires.
« Tu peux toujours lui en parler, mais n'essaye pas de l'obliger à nous suivre. Jacob a sa propre vie. » Reprit Edward avec sérieux.
Nous échangeâmes un regard. La vie de Jacob, c'était Renesmée. Depuis cette « imprégnation » il n'avait que très rarement quitté Nessie.
Les dangers une fois écartés, il avait réussi à nous laisser une sorte de « vie de famille » en ne venant nous voir que 3 jours par semaine. Ces jours correspondaient à la visite hebdomadaire de Charlie - qui ne posait toujours pas de questions sur le monde étrange dans lequel il baignait -, aux jours de chasse de Nessie et à ses parties de cache-cache.
Elle y avait joué un jour avec des enfants de La Push et avait décidé d'adapter ce jeu façon vampires. Elle avait instauré ses règles. Aucun d'entre nous n'avait le droit de respirer afin de ne pas suivre son odeur et elle avait droit à 20 secondes d'avance.
Nous avions aussi instauré les nôtres, histoire de ne pas prendre trop de risques. Interdiction de dépassé le périmètre de 3 minutes de course autour de la villa blanche et obligation d'y retourner immédiatement en cas de présence d'un inconnu, humain comme vampire.
L'inaptitude d'Alice à percevoir le futur de Renesmée permettait une sorte d'égalité. Malgré tout, nous percevions les bruits de son c½ur et de sa respiration. De plus, entant que demi-vampire, Nessie se fatiguait, elle, et ces bruits se faisaient plus rythmés et plus forts.
Nous avions aussi appris autre chose pendant ces parties de cache-cache. Renesmée avait développé un autre « talent ».
Avec le temps, elle avait réussi, non pas à bloquer le pouvoir de son père comme je savais le faire, mais à envoyer les pensées qu'elle voulait. Une sélection de pensées ou carrément des pensées inventées.
Edward s'était souvent retrouvé dans un endroit où elle était sensée se cacher et où personne ne se trouvait.
Dans le jeu, ce don était marrant, mais nous le surveillions de près le reste du temps. Nous n'avions pas l'habitude, comme les autres parents, d'ignorer ce qu'elle voulait que nous ignorions. Mauvaise habitude ...
L'agitation régnait toujours dans le salon. Les préparatifs se faisaient avec entrain. Esmée avait déjà récupéré un calepin et un crayon pour noter tous les changements qu'elle effectuerait dans la maison là-bas, Alice et Rosalie parlaient avec rapidité d'un magasin de chaussures absolument magnifique, les garçons eux espéraient que leur terrain de base-ball n'avait pas été aménagé.
« Des bois partout, des lacs en pagaille ! » S'enthousiasma Emmett. « Ma petite Bella, on va enfin pouvoir évaluer tes compétences en natation vampirique. Et cette fois, pas de triche ! » Continua-t-il dans un grand éclat de rire.
Ma force de vampire nouveau-né s'était peu à peu estompée, refaisant de mon beau-frère « l'homme fort » de la famille Cullen. Sa perte momentanée de virilité l'avait poussé à me lancer défi sur défi. Défis qu'il perdait tous d'ailleurs. L'enjeu était toujours le même depuis notre premier bras de fer et je ne pouvais plus empêcher ses commentaires déplacés depuis presque 3 ans.
Devant tant de joie, Renesmée se leva et rejoignit la cuisine d'un pas rapide. Autre habitude que nous tentions d'instaurer, Nessie faisait au moins un repas humain par jour.
Jasper se leva à son tour.
« Je vais allez rendre une petite visite à notre ami J. Bella. Un message à lui passer ? » Demanda-t-il en souriant.
Je levai les yeux au ciel alors qu'Edward passait son bras autour de mon épaule et me rapprochait de lui.
« Tu n'es vraiment pas gentil avec lui le pauvre. » Grognai-je.
« Si j'étais plus aimable il nous aurait peut-être dénoncés depuis longtemps. Je fais ça pour préserver le secret de la famille Cullen, Bella. » Ajouta-t-il d'un air outré qui sonnait faux.
Il quitta le salon rapidement me laissant grimacer dans le vide sous le rire d'Emmett.
Jetant un coup d'½il au salon, je fis l'inventaire. Nous n'y étions plus que quatre. Je tendis l'oreille. Carlisle était dans son bureau, Alice s'agitait dans son immense dressing - elle allait surement faire les bagages de tout le monde -, Rosalie avait quant à elle rejoint ma fille dans la cuisine.
Toutes les deux avaient conservé leurs liens étroits et ma belle-s½ur avait daigné apprendre la cuisine afin de partager ces moments là avec Nessie. Elles s'amusaient à essayer plusieurs plats plus ou moins élaborés et Nessie faisait la sélection de ses mets préférés. Elles avaient établis une véritable encyclopédie des recettes favorites de ma fille. Les ½ufs étaient un élément récurent des listes d'ingrédients, chose qui nous faisait sourire, Edward et moi, mais que les autres ne pouvaient comprendre.
Je ne me résignait pas à envoyer Renesmée déjeuner seule dans la grande salle à manger. Son habileté de demi-vampire avait suffit à éviter la moindre tâche de nourriture sur les canapés blancs de ma belle-mère.
Elle engloutis ses pâtes à la carbonara, l'esprit pourtant ailleurs. Edward la fixait avec intérêt ce qui voulait dire qu'elle était trop inattentive pour bloquer ses pensées.
« Jacob » Mima-t-il en réponse à mon air interrogatif.
J'acquiesçai doucement avant de tourner la tête vers la porte d'entrée.
Quelqu'un courrait dans les bois. Les bruits des battements de c½ur et de respiration ne laissaient aucun doute quant à l'identité de notre invité.
Je reportai mon attention sur Renesmée qui avait elle aussi redressé la tête. Elle avala sa dernière bouchée et se leva d'un bond.
« Laisse. » Grogna Rosalie. « Je vais faire la vaisselle ... ça me fera gagner un peu de temps avant de voir royal canin. » Marmonna-t-elle en se dirigeant vers la cuisine afin de faire la vaisselle.
Emmett l'y accompagna en riant alors qu'Esmée se levait à son tour. Elle salua Jacob à son entrée avant de rejoindre sa chambre à l'étage.
« Et bien ! Quelles têtes d'enterrement ! Laissez-moi deviner ... vous venez d'apprendre que le puma est classé espèce vulnérable. Vous vous sentez coupable c'est ça ? Raaaaah ... » Se moqua-t-il en se laissant tomber sur le canapé à côté de Nessie.
Je le regardai rapidement avant de fixer mon visage sur ma fille puis sur mon époux. Ce dernier s'éclaircit la gorge. Apparemment Renesmée ne voulait pas annoncer elle-même la nouvelle à notre ami.
« Les pumas du coin vont pouvoir dormir tranquilles, Jacob. » Commença-t-il gravement. « Il est temps pour nous de quitter Forks. Nous y sommes depuis bien trop longtemps maintenant. Huit ans, nous allons finir par attirer l'attention sur nous ... »
« Comment ça ? » Se raidit Jacob en le toisant du regard.
Il se tourna vers moi, puis vers Nessie, en espérant que nous démentirions, mais non.
« Cela fait quatre ans que Bella et Edward ont quitté le lycée. Ils sont sensés avoir terminé la FAC maintenant. C'est un excellent prétexte pour nous tous. La famille Cullen a toujours était très unies, personne ne sera surpris si nous rejoignons les plus jeunes du côté de Dartmouth. » Expliqua Carlisle en descendant les marches.
Son calme serait une aide précieuse face à l'emportement de Jake.
« Dartmouth ?! Mais c'est n'importe quoi ! Il fait bien trop beau là-bas vous ne pourrez jamais sortir ! »
Rosalie eut un éclat de rire dédaigneux qui fit grimacer Carlisle.
D'accord, Jacob se fichait totalement de la météo, tout ce qu'il voulait c'était nous voir rester dans le coin, mais ce genre de réaction risquait de faire tourner la discussion en eau de boudin.
Le loup tourna la tête vers la cuisine en grognant, lèvres relevées sur ses dents blanches.
« Nous n'irons pas à Dartmouth mais dans le Michigan, à Edmore. » Précisa Carlisle, comme si cela aller changer quelque chose à la réaction de Jake.
« Le Michigan ! » S'écria Jacob. « Mais c'est à ... »
« Plus de 3900 kilomètres de Forks oui. » Le coupa Edward.
Jacob se laissa tomber au fond du canapé, ses mains sur son visage.
Je regardai Renesmée qui n'avait toujours pas ouvert la bouche depuis l'arrivée de notre ami.
Tous deux étaient au moins aussi triste l'un que l'autre. Je ne le supportais pas. Je ne supportais pas de voir ma fille malheureuse, de voir mon meilleur ami malheureux. En plus de ça, Carlisle arborait un petit air de culpabilité et Edward se sentait au moins aussi mal que moi.
Je ne pouvais pas en vouloir aux Cullen de prendre une telle décision. Je les soutenais dans leur choix. Nous devions partir, quitter Forks et l'Etat de Washington, aussi triste cela soit.
J'inspirai un grand coup et me lançai.
« Tout te lie à La Push Jake. La meute, Billy, tes ancêtres ... tout ... Mais si tu veux venir avec nous à Edmore, sache que tu y seras le bienvenue. » Expliquai-je avec une voix si faible que je n'étais pas certaine de m'être fait entendre.
Il eut un reniflement dédaigneux lorsque Rosalie entra dans le salon avec Emmett.
« Même Rose fera un effort. » Assurai-je en lançant un regard lourd de sens à ma belle-s½ur outrée par mes propos.
« Blondie peut continuer ... » Dit-il en se redressant. « Ces babillages me font passer le temps. » Continua-t-il déclenchant les grognement de ladite Blondie.
Il se leva du canapé et avança doucement vers la porte, tous les regards vissés sur lui.
« Il faut que je réfléchisse à tout ça. Comme tu l'as dit Bella, tout me lie à La Push. » Termina-t-il dans un murmure avant de quitter la pièce.
La porte se referma derrière lui, sans claquer, mais le bruit fut tout de même sec, entrainant un léger sursaut de Nessie.
Tous les regards se portèrent alors sur elle qui fixait toujours le sol moquetté. Rosalie s'installa à son côté et la prit par les épaules dans un geste qui se voulait réconfortant mais Renesmée se dégagea et quitta le salon.
Aucun de nous ne la suivit par delà la baie vitrée de la maison. Elle connaissait les limites imposées pour sa sécurité et ne les avait jamais dépassées. Nous savions qu'elle était responsable, nous lui faisions confiance.
Rosalie soupira.
« Ne te blâme pas Rose. » La réconforta Edward. « Elle ne t'en veut pas pour vos joutes verbales. Elle veut juste ne pas quitter Forks ... c'est tout ce qu'elle a jamais connu. » Termina-t-il en se tournant vers moi.
« Je vais bien. » Assurai-je, connaissant déjà les inquiétudes qui venaient de pointer dans son esprit. « Forks me manquera, comme Phoenix, mais nous y reviendrons ... d'ici une petite centaine d'année. » Dis-je en souriant faiblement.
« La ville des premiers ébats ... pour sûr que tu nous casseras les pieds pour y revenir ! » Rigola Emmett.
« Je serais à l'hôpital. » Nous informa Carlisle qui n'avait pas bougé depuis le départ de Jacob, coupant ainsi la réplique cinglante qui me brulait les lèvres. « J'ai plusieurs personnes à voir pour organiser notre départ. »
Là-dessus, il quitta la pièce, puis la maison - accompagné du bruit de sa Mercedes.
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